Pierre Camatte et Sergio Sicala : Aqmi fixe un ultimatum
Si à la date du 20 février, la France n’accède pas aux exigences d’AQMI, Pierre Camate sera exécuté, a prévenu la branche maghrébine d’Al Qaida. A l’Italie, il a été fixé un délai de 25 jours pour la libération de Sergio Sicala.

Depuis un peu plus de deux mois, Pierre Camatte, de nationalité française, est pris en otage au Mali par la branche maghrébine d’Al Qaida (AQMI). En contrepartie de sa libération, ses ravisseurs demandent l’élargissement de quatre présumés terroristes, deux mauritaniens, un algérien et un burkinabé, détenus tous au Mali. Faute de libération de ces détenus, AQMI avait menacé d’exécuter Pierre Camatte le 31 janvier 2009. L’ultimatum est arrivé à expiration. Le Français n’a pas été tué. Aqmi a repoussé l’échéance à une date ultérieure. Le nouvel ultimatum a été fixé au 20 février pour Pierre Camatte, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes. Toujours, selon le centre américain, il a été fixé par Aqmi un délai de 25 jours pour Sergio Cicala, otage italien détenu au Mali. Il avait été enlevé, en compagnie de sa femme, Philomène Pawelgba Kaboré, en Mauritanie, le 17 décembre dernier. Le délai de 25 jours est à compter du 04 février.
Ni Philomène Pawelgba Kaboré, d’origine burkinabé, ni les quatre humanitaires espagnols enlevés en Mauritanie le 29 novembre, ne sont cités dans le communiqué de l’Aqmi. Pourquoi ? Les humanitaires espagnols sont-ils détenus par une autre branche d’Al Qaida ? Le gouvernement espagnol serait-il en négociations avancée avec les ravisseurs de ses citoyens ? L’origine Burkinabé de Philomène a-t-elle jouée ?
Le renvoi, la première fois, de la date de l’ultimatum accordée à la France pour la libération de Camatte aurait été communiquée aux autorités maliennes par un des intermédiaires, impliqué dans la négociation visant sa libération. Cet intermédiaire, cité par l’AFP, a déclaré « Il n'y a pas de date précise donnée (pour la prolongation de l'ultimatum), mais il faut qu'on fasse vite pour trouver une solution.» La même source, cité toujours par l’AFP a indiqué que les ravisseurs ne demandent pas plus que la libération des quatre détenus au Mali. Il n’y aurait donc pas d’exigence de versements de rançons.
Le gouvernement malien va-t-il accéder à la demande des ravisseurs en libérant les quatre détenus. Ces quatre détenus qui pourraient une fois libres, reprendre service. Ne pas les libérer pourrait avoir comme conséquence l’exécution de l’otage français. Ca ne sera pas une première. En juin 2009, Edwin Dyer, otage britannique détenu par Al Qaida, a été exécuté du fait du refus de Londres d’accéder à la demande des ravisseurs qui exigeait comme contrepartie la libération de l'islamiste radical Abou Qatada emprisonné en Grande-Bretagne.
La France prend très au sérieux la menace de mort qui pèse sur Pierre Camate. Lundi premier février, au lendemain de l’expiration du premier ultimatum, Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangère, s’est rendu à Bamako. Le ministre français n’a fait aucune déclaration sur cette visite qui portait sur les négociations en vue de la libération de Camatte.

Monsieur Kouchner aurait demandé au président Malien Amadou Toumani Touré de tout faire pour sauver la vie de Camatte. Que peut faire le Mali en dehors de la libération des quatre éléments d’Al Qaida qu’il détient ? Rien. Récemment, les autorités algériennes ont été très critiques à l’encontre de Bamako, notamment au sujet de son attitude par rapport aux exigences des terroristes preneurs d’otages. Les autorités maliennes ont signifié à Kouchner «le rôle déterminant que doit jouer l'Algérie dans l’affaire Camatte » Après Bamako, le ministre français ira peut être en Algérie pour demander plus de compréhension.

Khalilou Diagana