
Et pourtant, rappelle-t-il, les Africains s’étaient engagés, avec grand enthousiasme et un espoir immense, en faveur de l’édification des Etats-Unis d'Afrique.
Le guide Mouammar Kadhafi, qui s’exprimait ainsi à la veille de la tenue du 14ème sommet de l'Union africaine, lors d’une interview exclusive accordée, à Syrte (centre de Libye) à l'Agence panafricaine de presse (Panapress), a indiqué que les Africains espéraient, à la fin de la décennie suivant la fondation en 1999 de l'UA, réaliser des progrès significatifs dans le processus menant à la proclamation des Etats Unis d'Afrique qui nécessite auparavant la formation du gouvernement fédéral et des mécanismes continentaux appelés à travailler jours et nuits à l’aboutissement de cet objectif.
« Les Etats Unis d'Afrique ne se réaliseront pas par eux-mêmes, mais plutôt grâce à la mise en place des mécanismes devant s'acquitter de cette tâche », a-t-il expliqué.
Toutes ces difficultés n’ont pas empêché le président de l’Union africaine à œuvrer en faveur de la création de ces mécanismes qui, selon lui, consiste à former, en premier lieu, un gouvernement fédéral composé de ministres fédéraux des Affaires étrangères, de la Défense, du Commerce extérieur, des Communications et Transports qui relèvent de secteurs indispensables au démarrage du projet de l’Union.
A cela, s’ajouteraient d'autres portefeuilles ministériels qui « s'acharneraient au travail, jour et nuit, pour réaliser les Etats-Unis d'Afrique », suivant la suggestion de Mouammar Kadhafi qui constate aujourd’hui que, « dix ans après, les Africains demeurent toujours au point zéro».
En effet, fait-il remarquer, « ni le gouvernement fédéral ni aucun ministère fédéral n'ont été créés, tout comme aucun autre mécanisme pouvant unir ce qui devait l’être, ne l'a été ».
Le guide Mouammar Kadhafi n’a certes pas écarté l’hypothèse que les Africains en soient là, par crainte du changement, du progrès et de l’unité, qui les a confinés dans une impasse, « à l’image du soldat qui craint d'engager la bataille au point d’offrir à l’ennemi les chances de remporter la victoire ».
Il a, à ce propos, souligné que, sans l’unité, les Africains n'auront ni indépendance, ni souveraineté ou dignité, et ils ne pourront réaliser aucun progrès, malgré l'existence des potentialités matérielles et humaines, ainsi que d’une cohésion sociale naturelle, favorables à la réalisation de cette unité.
Aussi, le guide Mouammar Kadhafi estime-t-il que « ce qui manque, au fond, c'est le courage politique, la prise de conscience politique ou tout cela en même temps ».
« L'Afrique n'aura aucune chance et ne réalisera rien tant qu'elle n'aura pas un ministre unique pour le Commerce extérieur, qui tient un langage solidaire des importations et exportations des 53 pays africains, devant la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l'Organisation mondiale du commerce, le marché européen, le marché américain, le marché chinois et le marché japonais » a prédit le guide kadhafi.
Les conséquences de l’absence de l’unité se feront ressentir également, selon le président de l’Union africaine, dans les négociations internationales et sur le plan de la concurrence internationale, avec la certitude que les ressources maritimes et halieutiques du continent seront constamment pillées, non seulement dans les eaux de sa zone économique exclusive (ZEE), mais aussi dans ses eaux territoriales.
La ZEE du continent africain et ses ressources resteront entre les mains des autres pays, tant que l'Afrique n'aura pas une Défense unique qui protège ses eaux territoriales et ses côtes », a ajouté le guide Kadhafi qui cite l’exemple de la Somalie et son peuple, victimes du pillage de leurs richesses, tandis que la souveraineté du pays est soumise à la violation et que ses eaux sont polluées par le rejet des déchets.
Il a cependant nié l'existence d'une piraterie somalienne, parlant plutôt d’une piraterie internationale et saisi l’occasion pour prévenir les pays africains qu’ils connaîtront la même situation que vit la Somalie, tant que l'Afrique ne disposera pas d’un unique ministre de la défense, d’une seule armée africaine et d’une seule marine africaine.
« L'Afrique sera recolonisée et certaines grandes puissances dans le monde s'autoproclameront tuteurs du continent africain et nous nous retrouveront sous mandat », a-t-il dépeint.
Que ce soit la lutte contre le changement climatique, la recherche d’une politique environnementale africaine à même de protéger le continent contre les effets de serre, ou toute autre question liée au développement et au bien-être sur le continent africain, seul la création des mécanismes spécifiques de l’Union, selon le guide Kadhafi, pourra permettre l'exécution d’actions concertées contre ces problèmes.
« Le mandat ne change rien, si le président n’a aucun pouvoir », Kadhafi
Le guide Kadhafi dont le mandat d’un an à la tête de l’Union africaine prend fin au 14ème sommet qui s’ouvre dimanche à Addis-Abeba (Ethiopie), estime que son rôle, qu'il soit président de l'UA ou pas, se poursuivra à travers l'incitation pour l'édification des Etats-Unis d'Afrique.
Le président sortant de l’Union africaine répondait ainsi lors de son entretien exclusif avec la PANA qui l’interrogeait sur l’adéquation entre les marges de manœuvre octroyées par le mandat d’une année à la présidence tournante de l’Union africaine avec les ambitieux programmes à entreprendre.
« Le fait que le président exerce pendant une courte ou une longue période, ne change rien, dans la mesure où il ne dispose d’aucune compétence », a expliqué le guide Kadhafi qui indique que la situation serait différente, si on donnait au président de l’Union africaine de véritables compétences et le pouvoir de représenter l'Assemblée des Chefs d'Etat et de gouvernement.
PANA





