
Avec une production en 2008 estimée à 200,1 mille onces, en hausse de 141,8% par rapport aux 82,8 milles onces produites en 2007. Nos (leurs) exportations d’or se sont établies à 194,7 mille onces, en augmentation de 145,2% par rapport aux 79,4 mille onces exportées en 2007. Les exportations d’or ont totalisé 41,8 milliards d’ouguiyas en 2008 contre 15,4 milliards en 2007, soit une hausse de 171% attribuable principalement à la hausse des quantités exportées suite à l’entrée en activité de la société TASIAST à partir du 4ème trimestre 2007.
Evidemment on est encore loin des 54,5 tonnes d’or produit annuellement par le Mali. Même si cette quantité est tout de même considérable, on a beau chercher, on a du mal à en voir la répercussion sur le niveau de vie des populations.
Pendant que le cours de l’or grimpe sur les marchés internationaux, les conditions de vie des populations locales ne cessent de se détériorer.
Cette gestion scandaleuse de l’or mauritanien bien que dénoncée à mainte reprise, continue à se développer à la vitesse grand V. Les sociétés basées à Toronto décident de tout : rythme d’exploitation, méthode de raffinage, commercialisation sur les marchés mondiaux.
Et bien sûr les bénéfices sont très inéquitablement répartis car à chaque fois que l’occasion nous est offerte de réviser en notre faveur les conventions minières qui lient ces société à notre pays, des fonctionnaires véreux se permettent de passer outre et de signer les yeux fermés aux conditions des multinationales.
A titre d’exemple cette semaine Red Back, la société mère de Tasiast, a annoncé que suite à sa dernière campagne de prospection, ses réserves potentielles ont augmenté de 1,14 millions d’onces soit +21%. Lors de son établissement cette société envisageait en étant optimiste de produire près de cent milles once d’or par an, aujourd’hui elle est en passe de dépasser les 200 milles onces sans que cela ne soit ressenti par le pays ou très peu. L’année dernière le ministre des Mines Abdallahi Ould Oudaa signa avec cette société une révision de la convention lui permettant d’exploiter deux fois plus vite les gisements mauritaniens.
Vu le nombre de permis de recherches que chaque conseil des ministres accorde à Tasiast, MCM ou Wadi Rawda, l’on peut dire sans risque de se tromper que le pays n’est pas près de recouvrer la plénitude de la jouissance de ses ressources naturelles. Ce sont ces mêmes sociétés, intimement liées à l’Administration des Mines qui semblent avoir un quasi monopole sur le secteur des métaux précieux en Mauritanie.
Tasiast, la dernière arrivée sur le jackpot mauritanien est bien partie, au vue de ses dernières découvertes, pour doubler voire tripler sa production à l’horizon 2015. Il ne se passe pas un mois sans que ses ingénieurs mettent à nue des prospects tous plus riches les uns que les autres. Et, bien sûr ce n’est pas la modeste direction de la Police de Mines qui pourrait un tant soit peu contrôler tout ce que font ces sociétés qui avec un pays comme la Mauritanie, ont découvert un véritable filon.
Bouna Cherif





