
Questionné mardi matin par Europe 1 sur le fait de savoir si l'otage "était déjà mort avant le raid" militaire franco-mauritanien du matin du 22 juillet au Mali, le premier ministre François Fillon avait exprimé son ignorance.
Un intermédiaire malien souvent utilisé dans les négociations d'otages dans la région, cité par l'AFP, a affirmé que M. Germaneau, avait été tué après le raid, comme le message de revendication l'a affirmé.
Le président mauritanien Abdel Aziz a pour sa part indiqué, lors des ses entretiens avec M. Kouchner lundi à Nouakchott, qu'il estimait que M. Germaneau "était condamné" car, aux prises avec le groupe d'Abou Zeïd, un émir brutal qui refusait toute négociation. Et "s'il a été exécuté, il l'a été loin" de la base logistique détruite par l’armée mauritanienne.
Cette affirmation procède surtout d'une déduction : en effet, cette base située à moins de 200 km de Tombouctou et à moins de 150 km de la frontière mauritanienne, pourrait difficilement être utilisée par AQMI pour détenir un otage que tous les services occidentaux cherchent à localiser. Les région de Tinzawatin et de Taoudeni toutes deux dans le septentrion malien offrent à cet egard plus de moyens de se cacher.
Parmi les hypothèses, les plus plausibles semble celle qui dit que M. Germaneau, âgé de 78 ans très malade du coeur, en rupture de médicaments, souvent déplacé, et capturé et détenu en plein ES-SAIF (été du Sahara pendant lequel le thermomètre flirte avec les 50°C à l’ombre) avec pour seule boisson de l’eau à l’hygiène douteuse n'ait pas survécu à ces conditions extrêmes. Il est sur que la survie de Germaneau dans de telles conditions relèverait plus du miracle que d’autre chose. Alors s'il a succombé ainsi, reste à encore à savoir quand ? Et où ? Les autorités françaises n'excluent pas que le montage vidéo diffusé par AQMI, le 14 mai, montrant M. Germaneau soit une manipulation, tout comme l'ultimatum adressé à la France le 11 juillet qualifié par M. Fillon d'"anormal" et d'"étrange". A l’appui de cette hypothèse le fait que les ravisseurs n’ait jamais (selon les autorités françaises) exprimé la moindre demande claire. Aucun échange de prisonniers, aucune demande de rançon mieux les ravisseurs ont farouchement refusé la livraison de médicaments au français alors que l’on sait que le gouvernement espagnol avait fait parvenir des médicaments pour soigner l’un des ses otages blessé au cours de son enlèvement. Etrangement il n’y avait pas le moindre contact connu entre les ravisseurs et la France. En fait un modus operandi tout à fait différent de ce auquel nous ont habitué ces groupes armés. Bien sûr la revendication est tout aussi étrange. En effet c’est l’émir central Abdel Malek Droukdel qui revendique l’assassinat en le justifiant par la mort des six combattants d’AQMI, or à ce moment là, les morts islamistes étaient au nombre de sept et non six qui est le chiffre avancé par les mauritaniens le premier jour avant la découverte du cadavre de celui qui était blessé et qui avait pris la fuite. Ce qui indique nettement qu’il n’avait pas encore pu établir le contact avec ses troupes. On sait que pour des raisons de sécurité évidentes, AQMI est formées de régions autonomes et que les liaisons sont réduites au strict minimum.
Si AQMI faisait parvenir une vidéo de l'exécution de l'otage ou même son corps pour une éventuelle autopsie, cela lèverait toutes les incertitudes. A Paris l’on s'attendait à une telle diffusion mardi. Mais il n’en fut rien. Mieux les groupes armées qui généralement surfent sur l’actualité pour faire leur propre com sont cette fois étrangement silencieux.
MSS






