
Car, il n’échappe à personne que la Mauritanie et le Niger partagent des frontières communes avec le Sahara malien. Dès lors, il n’est que normal qu’ils soient préoccupés par ce qui se passe chez leurs voisins immédiats et en particulier, par la persistance des activités émanant d’Al-Qaïda ou de groupes se revendiquant de la même mouvance. Il n’y a pas longtemps, devrions-nous rappeler, que les ministres des Affaires étrangères de la région s’étaient réunis à Nouakchott pour traiter de la problématique terroriste. Raison pour laquelle, avec ce qui se passe maintenant au nord Mali, les deux voisins de ce pays lui ont-ils demandé avec insistance, d’agir contre le sanctuaire d’Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique) dans les montagnes du Nord. D’autant que la tension est vive au nord en même temps que Léré est aux mains des assaillants depuis jeudi dernier sans que l’armée malienne ne parvienne à les déloger. Une situation embarrassante pour les officiels maliens où semble régner une confusion dans la gestion du dossier. A en croire la presse malienne, le président malien Amadou Toumani Touré vient de rappeler de toute urgence le PC opérationnel dirigé par le Général Gabriel Poudiougou, Chef d’Etat Major Général des Armées à Bamako. Rien ne serait venu pour l’instant expliquer les raisons d’une telle décision. Et la série noire continue. Si l’on en croit le MNLA « Tessalit est actuellement encerclée par l’armée révolutionnaire en vue d’amener les soldats maliens à se rendre afin d’éviter les effusions de sang ». Le mouvement appelle la communauté internationale à l’aide face aux mouvements de populations civiles vers les pays frontaliers, Mauritanie, Burkina, Faso, Niger et Algérie. La ville de Anderamboukane (nord-est) a été le théâtre de nouveaux affrontements en fin de semaine. Chaque camp affirme contrôler la localité. Pour sûr l’incertitude et le doute continue de planer dans la situation au nord Mali alors qu’un troisième front est ouvert, à la frontière mauritanienne avec la prise du camp militaire de Léré par les rebelles. On parle d’un millier de réfugiés qui ont traversé le Mali pour s’installer en Mauritanie. La France qui joue au plus fin, appelle à un cessez-le-feu immédiat entre les belligérants alors que la situation se corse de plus en plus sur le terrain.
La Mauritanie, confrontée déjà à ses frontières nord et nord-est par le terrorisme, le trafic de drogue et l’immigration clandestine, a de quoi s’inquiéter pour garder un œil vigilant de ce côté. Et de l’autre, ce qui se passe au Sénégal, lui rappelle qu’il y a urgence à s’armer d’une grande lucidité pour gérer au mieux, les soubresauts politiques des élections présidentielles sénégalaises qui pointent à l’horizon avec ses incertitudes. Ce n’est pas encore le feu à la case mais…
Moussa Diop






