
Bonne décision pour les uns, mauvaise pour les autres, chacun y va de son appréciation. « Les diplômes sont délivrés à la pelle dans ces universités et autres institutions privées d’enseignement supérieur à des étudiants peu « aptes » à exercer la profession pour laquelle ils sont supposés bien formés. Cette complaisance est due à l’inadéquation des mécanismes internes et externes de contrôle, aux infrastructures inadaptées et des institutions illégales et de nombreuses institutions satellites’’, a expliqué sous le sceau de l’anonymat un médecin d’une grande clinique réputée de la place. Il n’a pas manqué d’établir un lien entre ces difficultés dans la formation et les problèmes beaucoup plus généraux de développement que connaît le pays. Et de rappeler le cas de certaines écoles privées de santé au Sénégal qui affichaient « zéro » admis dans plusieurs Ecoles de santé à la session de juillet des examens d’Etat lors des examens organisés pour l’obtention des « diplômes d’Etat » en juillet 2008, illustrant ainsi l’anarchie, voire l’arnaque qui caractérise ce secteur. A titre d’exemple, dit-il, dans la catégorie des sages-femmes d’Etat, 13 écoles sur 33, soit plus du tiers des établissements concernés, avaient enregistré 0 (zéro) admis lors des examens de la première session (Juillet 2008) de cette année, d’après un tableau dressé par le ministère sénégalais de la santé. Cette décision de rendre public les résultats, poursuit-il, faisait suite à des manoeuvres frauduleuses signalées après qu’un établissement privé qui, ayant fait de piètres résultats aux examens organisés par l’Etat, s’est signalé par des publicités mensongères en faisant passer des messages à la télévision affichant des taux de réussite de 100 %. Pour M. Aw, professeur à l’Université de Nouakchott, « Cautionner une mauvaise formation dans un domaine aussi crucial que la santé, signifie « simplement mettre des vies en danger ». Son collègue, plus explicite estime que pour éviter de se retrouver avec une floraison de ce type d’écoles sans crédibilité, la Mauritanie a tout intérêt à refuser pour l’heure, l’autorisation d’ouvertures d’écoles supérieures privées qui dispensent des enseignements de santé pour n’autoriser qu’une seule institution publique. A l’en croire, les problèmes de l’enseignement supérieur, dans le pays, sont nombreux et se manifestent par le bas niveau des diplômés, des infrastructures délabrées et un manque d’accès aux institutions publiques. Ce problème d’accès à l’université, précise t-il, est à l’origine de la prolifération d’universités « illégales » et d’une sorte de fuite de cerveaux vers celles-ci, faisant ainsi que le niveau des diplômés est très bas.
La langue d’enseignement divise
D’une manière générale, les écoles privées après avoir connu un engouement particulier de la part des parents désireux d’offrir, ce qui est à leurs yeux, une instruction de qualité; ont traversé par la suite une zone de turbulences suite à l’intervention du ministère de tutelle ayant décidé de mettre un terme à une certaine anarchie constatée. Le point de discorde résidant, principalement dans la langue utilisée pour l’enseignement des matières scientifiques. Aujourd’hui il semblerait qu’un consensus aurait été atteint, mais l’école publique reste toutefois le bastion fort et a encore de beaux jours devant elle. Les parents qui avaient opté pour l’école privée, à leur corps défendant, rejoignent l’école publique, conjoncture économique oblige. D’autres préfèrent continuer à envoyer leurs enfants dans ces établissements privés pour les avantages qu’ils leur offrent : nombre d’élèves réduit dans les classes, encadrement pointilleux, même si toutes ces commodités ont un prix et pas toujours à la portée de toutes les bourses. Certes notre système éducatif est tenu de valoriser son appartenance géographique, historique, humaine et civilisationnelle, mais il doit promouvoir les valeurs en rapport avec la citoyenneté, perçue en tant que trame historique de l’évolution de notre société. Ces valeurs ont trait aux dimensions nationale, scientifique et technique, humaine et universaliste. Il nous appartient de leur donner vie en les enracinant dans l’esprit et le cœur de nos enfants. La revendication des parents ayant opté pour ces établissements est pourtant claire et défendable, puisqu’ils ne sont nullement contre le programme en langue arabe, mais exigent que les matières scientifiques soient enseignée en langue française.
La reforme de 1999 a reglé le problème en exigeant l’enseignement de toutes les matières scientifiques ‘sciences physiques, sciences naturelles, mathématique) en Français
«Une fois à l’université, cela servira beaucoup les étudiants surtout dans les filières technologiques et scientifiques. Nous voulons que nos enfants puissent continuer leur scolarité dans ces établissements», nous indique le père d’un étudiant de la faculté de médecine. Certains chefs d’établissement restent sereins face à ces nombreux remous, ils sont nombreux à dire que le programme enseigné au niveau de leurs écoles répond parfaitement aux normes et qu’il n’ y a pas lieu de s’inquiéter. « Nous nous sommes organisés de manière à ce que certaines matières soient enseignées en langue arabe. Mais les matières scientifiques sont enseignées en langue française», nous dit-on.
Moussa Diop
Zeinabou Mint Abdel Aziz Diène: « Nous voulons notre fac et rien d’autre… »
La faculté de Médecine de l’université libre de Nouakchott a été fermée par décision du ministère l’enseignement secondaire et supérieur le 17 novembre 2009. Raisons invoquées : la faculté qui détenait une autorisation provisoire ne répondrait pas aux normes.
Zeinabou Mint Abdel Aziz Diènne fait partie des 43 étudiants de la faculté fermée. Elle est en deuxième année. Pour y suivre les cours, elle s’acquittait de 80 000 ouguiyas mensuellement.
Où iront les 43 étudiants inscrits entre la première et la quatrième année de la faculté fermée ?
Le ministère de l’enseignement secondaire et supérieur a décidé d’étudier leurs dossiers cas par cas. Ila été ainsi demandé aux 43 étudiants de déposer leurs dossiers au dit ministère du 17 au 30 décembre 2009. Après études, certains étudiants seront inscrits en année préparatoire à la faculté de médecine de l’université de Nouakchott, d’autre à la faculté des sciences économique de la même université.
Les 43 étudiants adhèrent-ils à cette solution ? « Nous voulons la réouverture de notre faculté » répond Zeinabou Mint Abdel Aziz Diène.
En réponse aux non respect des « normes » par la faculté de médecine de l’université libre, elle dit sans hésiter : « C’est faux. Dans notre université, il y a tout ce qu’on trouve ailleurs.» Mais chez vous personne ne double…Réponse de Zeinabou : « Les étudiants inscrits en quatrième année actuellement dans notre facultés sont 10. En première année, ils étaient 30. En deuxième année, nous sommes 12. En première année, on était 22. »
Khalilou Diagana






