
Pour respecter la tradition les quatre organisations respectives (AMDH, SOS ESCLAVES, FONADH.) ont voulu célébré la fête à leur manière, en organisant une conférence de presse dans les locaux de l’AMDH pour dénoncer les problèmes sociaux, les traditions discriminatoires et les violences dont sont victimes les femmes mauritaniennes.
Une occasion pour eux, de féliciter d’abord le gouvernement sur les quelques avancées accordées à la femme mauritanienne. Mais c’était aussi une opportunité pour eux, de réitérer et d’interpeller le gouvernement mauritanien afin qu’il ratifie les conventions relatives aux droits de la femme. Selon Me Fatimata Mbaye, Présidente de l’AMDH, le gouvernement mauritanien doit les intégrer dans les textes nationaux afin de les rendre applicables au profit de la femme mauritanienne. L’Etat mauritanien, dira t-elle, doit entreprendre d’urgence, une loi sanctionnant les violences faites aux femmes y comprises les violences conjugales qui sont présentes dans nos foyers. Elle a exhorté par la suite, l’Etat à prendre des mesures d’urgence pour éradiquer les souffrances des femmes esclaves, par leur libération et leur insertion dans la vie active. Mais aussi d’élargir les femmes en détention dans les prisons, de protéger la petite fille de toutes sortes d’exploitation en pensant à l’exploitation domestique et sexuelle dont elle est victime aujourd’hui. Enfin, elle demande au gouvernement d’accompagner et d’insérer les femmes victimes de la déportation.
C’était aussi une occasion pour Me Mbaye, d’annoncer la prochaine campagne régionale organisée et initiée par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme dont ils sont membres. Une campagne intitulé «Afrique pour les Droits des Femmes : Ratifier et Respecter ». La Mauritanie, selon elle, a été interpellée, parce qu’il y a un cadre qui concerne la situation de la femme et qui demande au gouvernement de ratifier toutes les conventions concernant les droits des femmes.
A cet effet, elle a indiqué qu’une lettre sera communiquée au gouvernement mauritanien pour leur demander de rendre effectif les droits des femmes, en entreprenant des lois qui garantissent la protection des droits de la femme. « Sur cette campagne, nous demandons à l’Etat mauritanien de ratifier l’ensemble des instruments régionaux et internationaux de protection des droits de la femme. », note a-t-elle martelé.
Des revendications adressées au gouvernement mauritanien qui portent aussi sur l’intégration en droits internes des dispositions de ces instruments de protections des droits de la femme, en abrogeant les lois discriminatoires et en adoptant des lois protectrices des droits humains de la femme. Mais aussi de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour attirer l’application effective des lois de protection des droits de la femme.
Sur ce fait, Me Mbaye a demandé à tous les acteurs nationaux régionaux et internationaux de se mobiliser et de se joindre à la campagne afin qu’ils puissent tous ensemble parvenir à la réalisation de l’égalité entre les sexes et au respect intégral des droits de la femme.
Mme Marième Daddah pour sa part, a rappelé les actions menées sur les droits de la femme par son feu mari Moctar Ould Daddah, dans les années 77-78. Interpellant l’assistance sur les 23 ans d’exil dont ils ont été victimes, source, selon elle, de sa manque de connaissance des réalités du pays, où elle a reposé pied, il y a une dizaine d’année. Selon elle, le bilan est effrayant, mais elle compte sur l’AMDH pour jouer un rôle moteur dans l’évolution de la situation. « La Mauritanie se développera dans une société juste et équilibrée où chacun aura sa chance et sa place. ». Poursuivant son discours, elle a indiqué que les choses ont légèrement changé avec l’actuel Président de la République Ould Abdel Aziz, concernant le passé de ce pays qui a été systématiquement occulté pendant 30 ans. Pour ne pas réveiller les vieux démons, elle essaie de relativiser « Soyons sage de ne pas alimenter les polémiques, mais de mener un combat ferme et déterminé. »
Boubacar Messaoud, président de « SOS ESCLAVES » a rappelé le recul concernant les lois sur les droits de la femme mauritanienne. A cet effet, il s’insurge contre qu’aucune femme mauritanienne n’occupe une place prépondérante dans la magistrature suprême (justice) et que la Mauritanie n’a pas encore abandonné l’esclavage. Une insulte pour la communauté harratine car selon lui, les autorités continuent de nier l’existence de l’esclavage.
Une occasion pour lui aussi de dénoncer cette pratique archaïque par l’intermédiaire de Mme Oumoul Khairy, esclave de naissance qui a été arraché des mains de son maitre à Timbedra, grâce à l’ONG « Sos Esclaves ». Dans un témoignage poignant, elle a rappelé les atrocités qu’elle a subit avec ses quatre enfants nés tous, sous les jougs de l’esclavage
Dialtabé






