
Feu Mokhtar Ould Daddah : Il n’est jamais trop tard pour bien faire !
Soumis par journaliste le jeu, 06/11/2008 - 10:24
Après l’école Mokhtar Ould Daddah, il y aura désormais le Boulevard Mokhtar Ould Daddah. La plaque inaugurale de cette artère a été posée mercredi matin par le Président du Haut Conseil d'Etat. La cérémonie s’intègre dans le cadre du Projets d'aménagement, de réhabilitation et d'extension de la voierie de la ville de Nouakchott devant porter sur une longueur de 96 km
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence du Premier Ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf et de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que du président de la CUN, du maire de Tevragh Zeina et de l’épouse de l'ancien président, feu Moctar Ould Daddah. Pour l’occasion, la parole a été donnée à la veuve du père de l’indépendance nationale et premier président du pays. Mme Mariam Daddah dira à cette occasion : « Ce 5 novembre restera, à jamais, marqué dans l’histoire de notre pays. Je dirai, sans familiarité, que le général Mohamed Ould Abdel Aziz a su raccrocher les wagons de l’histoire du pays, c’est un pas décisif vers la réconciliation nationale». Elle ajoutera : « Cette capitale, dans les années soixante, était une mer de sable balayée par le vent, sans eau, sans électricité. C’est par la volonté d’un homme, feu Moctar Ould Daddah, qu’elle est devenue ce qu’elle est ».
Voilà ce qui s’appelle rendre à César ce qui lui appartient. La coïncidence du début des travaux de construction de la voirie renvoie à l’image de la construction même de la Nation mauritanienne à laquelle le défunt était si attaché et avait tout bravé pour nous permettre aujourd’hui d’y humer la liberté retrouvée. Le geste du Général, Mohamed Abdel Aziz, réconcilie l’Armée, à l’origine de son éviction, avec son l’Histoire du pays. L’action qui a valeur de reconnaissance, a aussi le mérite d’une réécriture d’une histoire gommée dans les manuels scolaires de nos enfants. Un toilettage psychologique. C’est véritablement une remise en cause du rôle imposé à l’Institut Pédagogique National qui, de longues années durant, a revisité l’histoire pour être en conformité avec les desideratas politiques de l’époque. Une histoire travestie et réécrite de la main du Prince. Ainsi, 48 ans après l’accession du pays à la souveraineté nationale, l’artisan de cette indépendance et auteur du livre « La Mauritanie contre Vents et Marées », qui a jeté les bases d’un Etat, à partir de rien, commence à avoir un début de reconnaissance pour l’œuvre grandiose qu’il a abattu au service de la construction de son pays et pour les services qu’il a rendu à la Nation. Nouakchott avait l’avenue De Gaulle, Kennedy, Fayçal, Bourguiba, Nasser, Ely Ould M’Haimid et Boubacar Ben Amer et avec ce boulevard, sans doute, le plus beau de la capitale, nous nous réconcilions avec notre histoire moderne. Il est temps que nous rompions avec les dénominations fonctionnelles, géographiques, importées… pour réhabiliter la mémoire des illustres personnages qui ont jalonné notre histoire récente. Nos places, nos marchés, nos infrastructures sportives et de spectacle, les aéroports etc, doivent constituer un réservoir pour exprimer la reconnaissance de la Nation à des hommes ou des femmes qui ont fait montre d’abnégation et de sacrifice au service de ce pays.
Voilà ce qui s’appelle rendre à César ce qui lui appartient. La coïncidence du début des travaux de construction de la voirie renvoie à l’image de la construction même de la Nation mauritanienne à laquelle le défunt était si attaché et avait tout bravé pour nous permettre aujourd’hui d’y humer la liberté retrouvée. Le geste du Général, Mohamed Abdel Aziz, réconcilie l’Armée, à l’origine de son éviction, avec son l’Histoire du pays. L’action qui a valeur de reconnaissance, a aussi le mérite d’une réécriture d’une histoire gommée dans les manuels scolaires de nos enfants. Un toilettage psychologique. C’est véritablement une remise en cause du rôle imposé à l’Institut Pédagogique National qui, de longues années durant, a revisité l’histoire pour être en conformité avec les desideratas politiques de l’époque. Une histoire travestie et réécrite de la main du Prince. Ainsi, 48 ans après l’accession du pays à la souveraineté nationale, l’artisan de cette indépendance et auteur du livre « La Mauritanie contre Vents et Marées », qui a jeté les bases d’un Etat, à partir de rien, commence à avoir un début de reconnaissance pour l’œuvre grandiose qu’il a abattu au service de la construction de son pays et pour les services qu’il a rendu à la Nation. Nouakchott avait l’avenue De Gaulle, Kennedy, Fayçal, Bourguiba, Nasser, Ely Ould M’Haimid et Boubacar Ben Amer et avec ce boulevard, sans doute, le plus beau de la capitale, nous nous réconcilions avec notre histoire moderne. Il est temps que nous rompions avec les dénominations fonctionnelles, géographiques, importées… pour réhabiliter la mémoire des illustres personnages qui ont jalonné notre histoire récente. Nos places, nos marchés, nos infrastructures sportives et de spectacle, les aéroports etc, doivent constituer un réservoir pour exprimer la reconnaissance de la Nation à des hommes ou des femmes qui ont fait montre d’abnégation et de sacrifice au service de ce pays.
MSS
Qui était Mokhtar Ould Daddah
Né à Boutilimit, l’homme a été d’abord interprète de l’administration coloniale, avant d’opter pour le droit qu’il a suivi à Paris où il obtint la licence et le certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Ajoutons qu’il s’est d’abord inscrit au barreau de Dakar de 1956 à 1957, avant d’aller entamer une carrière politique fulgurante dans son pays. Car dès son retour en Mauritanie en 1957, Moktar Ould Daddah y est élu Vice-Président du Premier Gouvernement sous la Loi-Cadre Deferre. Compagnon de lutte des pères des indépendances africaines, il a conduit son pays à la souveraineté internationale et est porté à la Présidence de la jeune République en août 1961. Cet homme averti des difficultés qui attendaient les nouvelles nations avait lancé à ses pairs son idée du progrès “ au pas de la caravane ”. Car très attaché à la culture de son peuple, Moktar Ould Daddah n’en était pas moins un partisan convaincu du panafricanisme. Son nationalisme le poussa à doter son pays de sa propre monnaie et à nationaliser les richesses minières. Pour autant, en dépit de ces choix audacieux, téméraires même à l’époque, il n’a jamais cessé pour autant d’œuvrer “ à la réalisation de l’unité et de la dignité africaines ”. Il assumera ainsi la présidence de l’Ocam en 1964, celle de l’OMVS et du CILSS en 1965 et celle de l’OUA en 1971-72. Son aura sur le plan international était à la dimension de celle qu’il a taillée à la Mauritanie inscrite comme membre actif de la Conférence des Non-Alignés. Mieux, il n’a cessé de tisser des liens de coopération avec le Etats du Maghreb et du Machrek, avec l’Europe, mais aussi avec l’Asie dont la République Populaire de Chine était pour lui un partenaire privilégié. Le Président Moktar Ould Daddah qui a été réélu 3 fois (en 1966, 1971 et 1976) est emporté par un coup d'Etat militaire en 1978, mais jamais ce bâtisseur d’un Etat-Nation n’avait vécu éloigné de son pays et de son peuple. Le livre qu’il a fait paraître en est donc le témoignage le plus éloquent d’un homme trait d’union entre deux mondes, qui a su combiner tradition et modernité, foi musulmane et ambition d’inscrire son pays au banquet de l’universel. On dira encore de lui que “ ses choix politiques furent non conformistes, souvent incompris ”. Nul n’est prophète en son pays, a-t-on coutume de dire. Ainsi, “ La Mauritanie contre vents et marées ”, pour que le grain ne meure…
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