
Le moins qu’on puisse dire de la réponse apportée par le Comité Exécutif de la CGTM est que le contentieux sociale est très lourd avec le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Sans l’avouer publiquement, l’Etat est-il en croisade contre l’un de ses partenaires sociaux ? L’on est en droit de se poser cette question au vu du contentieux très lourd qui empeste l’atmosphère des relations de partenariat des acteurs sociaux. Or, aussi lourd que soit ce contentieux, la règle du jeu voudrait que chaque partie joue le rôle qui est le sien, dans la concertation et la compréhension mutuelle loin des préjugés. Mais au lieu de cela, on se qualifie de tous les noms d’oiseau sans aucune retenue pendant que les travailleurs souffrent de la baisse de leur pouvoir d’achat avec la hausse vertigineuse des prix, le coût du loyer devenu lui aussi cher. Maintenant avec le déficit pluviométrique de l’année dernière, la famine menace dans le pays tant pour les hommes que le bétail. Et l’Etat qui a fort à faire, a tout intérêt à travailler avec une organisation forte et représentative comme la CGTM qui a ses tentacules partout dans le pays. Son aura internationale en fait aujourd’hui l’organisation syndicale nationale la plus représentative pour défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs membres de l’organisation.
Réponse du berger à la bergère
Bien au fait de la législation nationale et internationale du travail, le syndicat n’y est pas allé du dos de la cuillère pour répondre par une déclaration, point par point, aux allégations de la ministre et selon lesquelles le gouvernement a affiché une volonté politique de répondre à la demande des organisations syndicales qui ont inscrit l’ouverture des négociations dans leurs cahiers de doléances du 1er mai, et que par conséquent, son département, en application de cette volonté, a convoqué toutes les 19 Centrales syndicales nationales au mois d’avril à cet effet. Elle a déclaré que « parmi ces 19 organisations syndicales, seules 17 ont répondu favorablement à leur convocation et que les 2 autres ont préféré ne pas répondre, observant la même attitude que certains partis politiques qui ont refusé de prendre part au dialogue politique national ». Ces contrevérités ne sont pas passés inaudibles. La CGTM confirme qu’elle fait partie effectivement des deux centrales qui n’ont pas répondu à leur convocation. Toutefois, explique t-elle, les allusions du ministre « dans son intervention, montrent du doigt notre organisation et stigmatisent notre position, ce qui nous amène, sans vouloir verser dans la polémique, à apporter les réponses suivantes pour éclairer l’opinion nationale, les travailleurs et les parlementaires sur la vérité des faits ». Et la CGTM d’expliquer qu’en décembre 2009 et janvier 2011, la GTM associée une première fois à l’UTM, la CLTM et la CNTM et une autre fois à deux organisations syndicales seulement a écrit au gouvernement et au patronat pour demander l’ouverture urgente de négociations sociales face à la détérioration, sans précédent, qu’a atteint le pouvoir d’achat des travailleurs de tous les secteurs d’activités dans notre pays. Pour la confédération syndicale, « ces négociations qui sont des mécanismes prévus par la législation nationale et les conventions internationales en vue d’assurer une meilleure répartition des richesses nationales qui non seulement ne sont la propriété d’aucun gouvernement, mais aussi ne doivent obéir à aucun esprit paternaliste ». Cette requête, selon elle, fut suivie d’actions de lutte (meetings, marches, grèves sectorielles et générale) pour faire entendre raison au gouvernement qui n’y a accordé, pendant très longtemps, qu’une sourde oreille. « Devant cette pression, le gouvernement, a effectivement envoyé des correspondances pour inviter les centrales syndicales à des négociations unilatéralement déterminées par lui-même, aussi bien dans la forme que dans le fond, et a délibérément, mis de côté, soit en les ignorant ou soit en les méprisant, les dispositions législatives (art 265 et 90 de la Loi 017/2004 portant Code de Travail et les Conventions internationales en la matière) régissant la représentativité des organisations syndicales devant signer et engager les travailleurs lors de toute négociation.
Cet unilatéralisme étatique à conduire le dialogue entre partenaires sociaux ne convient pas à la CGTM, un partenaire social comme tant d’autres dans ce dialogue. D’autant que les critères définis dans le Code du Travail sont clairs puisque le caractère représentatif d’un groupement professionnel est déterminé à partir, notamment, des éléments d’appréciation suivants : les effectifs et les résultats des élections des représentants du personnel ; les cotisations ; l’indépendance ; son expérience et l’étendue de son activité. « L’amalgame, ainsi voulu et créé par le gouvernement pour mettre toutes les Centrales au même degré de représentativité est une violation flagrante de la loi et cela, la CGTM ne saurait l’accepter, car cette pratique ôte toute crédibilité et toute légitimité à ces négociations et ne garantit pas, outre mesure, ni leurs résultats, ni la mise en application de ceux-ci », lance la CGTM
Synthèse Moussa Diop






