Emel 2012 : C’est parti, le compte à rebours a commencé
Mohamed Ould Mohamédou Commissaire à la Sécurité Alimentaire a procédé au lancement officiel du programme spécial « Emel 2012 » décidé par la puissance publique à l’effet de soulager les populations des affres de la famine et du coût des denrées de première nécessité.

L’opération s’est déroulée à partir des entrepôts du CSA à Nouakchott. Ould Mohamédou a indiqué au cours de sa brève allocution que « plus de 45 milliards d'ouguiyas des ressources de l'Etat ont été mobilisées pour le financement de ce programme destiné à venir en aide aux agriculteurs et éleveurs affectés par un déficit pluviométrique aigu auquel sont exposés cette année plusieurs pays du Sahel africain ». Le patron du CSA a également indiqué que la gouvernement a mis en place un plan judicieux pour juguler de manière précoce ce phénomène, en vue d'apporter l'assistance aux victimes pour leur permettre de dépasser cette situation difficile, soulignant que toutes les dispositions relatives au démarrage du programme ont été prises dans un temps record en prenant en considération l'étendue du territoire et le volume considérable des produits qui le composent. Il a dit que les composantes du programme comprennent la fourniture de produits alimentaires dans les différentes localités de l'intérieur du pays à des prix défiant toute concurrence et de l'aliment pour bétail aux éleveurs partout àù ils trouvent sur l’ensemble du territoire national. Le programme, enchaîne t-il, prévoit des distributions gratuites de denrées alimentaires au profit des catégories les plus démunies. Le commissaire n’a pas fini son allocution sans insister sur le fait que le CSA veillera scrupuleusement à l'exécution rigoureuse et transparente de ce programme. Idem pour le volet approvisionnement régulier en produits alimentaires qui fera l’objet d’une attention particulière aussi.
Pour sa part, le Fonds des Nations Unies pour les interventions d’urgence (CERF), vient d’approuver une requête qui lui a été soumise par le système des Nations Unies en Mauritanie pour un montant de 4 005 272 millions de dollars US en réponse à l’appel lancé par le gouvernement pour faire face aux conséquences du déficit pluviométrique important de l’année écoulée. Selon le communiqué de presse du fonds, « cette requête a pour objectif d’appuyer les efforts du gouvernement visant à réduire l’impact négatif de la situation que traverse le pays sur les groupes vulnérables, notamment les enfants âgés de 6 à 59 mois atteints de malnutrition aiguë modérée et sévère, les femmes allaitantes, ainsi que les ménages d’agriculteurs et d’éleveurs. Au total, renseigne le communiqué, 119.938 personnes dont 33.428 enfants âgés de moins de cinq ans, répartis dans les régions du Gorgol, du Brakna, de l’Assaba et du Guidimakha, seront concernées par cette assistance. Cet appui objet de la requête, s’articule autour des projets initiés par les agences du système des Nations Unies en Mauritanie que sont la FAO, l’OMS, le PAM, l’UNFPA et l’UNICEF. Il s’agit, poursuit le communiqué, d’interventions complémentaires qui feront l’objet d’une mise en œuvre coordonnée afin de répondre aux besoins prioritaires déterminés en commun accord avec les autorités nationales. Dans ce cadre, il est prévu que le PAM recevra de cette enveloppe financière, 2 millions de dollars pour l’appui nutritionnel et l’approvisionnement des stocks alimentaires villageois de sécurité. La FAO se verra octroyer 600.336 dollars pour apporter une assistance aux communautés d’éleveurs. L’UNICEF recevra 596.230 dollars pour prendre en charge la malnutrition aiguë et le renforcement des capacités. L’UNFPA sera dotée de 426.911 dollars US pour la fourniture d’équipements et le suivi des femmes enceintes et allaitantes. Quant à l’OMS, elle bénéficiera d’une enveloppe financière de 381.656 dollars destinée à l’acquisition de médicaments essentiels, de consommables médicaux et au renforcement des capacités de suivi-évaluation du programme. Toujours selon ce communiqué, la Mauritanie accuse un déficit alimentaire structurel de 30 % en moyenne par rapport aux principaux besoins alimentaires de sa population. L’année 2011 a été marquée par un déficit pluviométrique important. Tant et si bien que les prévisions céréalières font ressortir une baisse de 48 % de la production céréalière brute et de 64 % pour la production nette, selon les estimations de la mission conjointe Cilss/Fao/Fews/Gouvernement/Pam réalisée en 2011.
Moussa Diop