
Ce risque calculé est probablement moindre à coté de ceux qu’il a déjà encourus pour mener
En dénonçant ce cycle mafieux érigé en système, le Général, lui, a choisi les faits pour convaincre plutôt que la corruption. Il suffit pour cela à l’électeur crédule de jeter un coup d’œil sur le bilan de ces dix derniers mois où il a dirigé le pays et qui s’est traduit par une série d’actions et de projets concrets dont les retombées ont contribué positivement en si peu de temps à l’amélioration des conditions de vie et bien être des populations.
Le Combat contre l’injustice et la corruption qui a été le leitmotiv de sa campagne fait que le Général est devenu le candidat préféré des pauvres qui ne s’en cachent d’ailleurs pas. Ils l’ont vite adopté pour en faire déjà leur chef, leur porte-voix. Mais tout en étant les plus nombreux, ce sont malheureusement eux les plus fragiles, donc les plus exposés à ce commerce illicite de voix. Ils sont plus faibles financièrement certes mais néanmoins intelligents et surtout plus sensibles aux discours simples, dits dans leur langage quotidien par des hommes qui vont vers eux plutôt que par ceux, qui du haut de leurs somptueux balcons, arborent des liasses de billets de banque et préfèrent utiliser le subjonctif pour construire leurs phrases plutôt que le simple présent.
Peu de mauritaniens sont riches, beaucoup ont perdu leur argent, l’espoir et voir même tous leurs sentiments mais leur dignité est encore là, intacte, elle somnole engourdie par un glas qui bourdonne dans leurs oreilles depuis plus d’un quart de siècle. Mais voici que brusquement le discours d’un candidat atypique tantôt provocateur, tantôt rassurant sonne comme un tocsin relayé par les youyous de joie et les marches spontanées de soutien, réveille les âmes, interpelle les consciences et provoque ainsi une dynamique irréversible de changement.
Si le Général, bravent tous les risques et privilégiant ainsi l’instinct naturel à celui de Pavlov, parvient à faire franchir à ses troupes la frontière de la peur et de la tentation en si peu de temps ; franchir, le premier, la ligne d’arrivée d’une course ordinaire deviendra, alors, pour lui un jeu d’enfants.
Ahmed Baba Ould Deida
Diplomate ancien haut fonctionnaire des N.U





