Direction générale des douanes : Vente en catimini de véhicules saisis
La Direction générale de Douanes a procédé, en catimini, il y a quelques jours à la vente aux enchères publiques de véhicules non immatriculés saisis. On sait que l’immatriculation des véhicules constitue l’un des postes les plus importants dans les recettes du budget de l’Etat. Bien sûr aucun dédommagement n’est prévu pour les anciens propriétaires qui doivent s’estimer heureux selon un douanier, qu’on ne leur demande pas de payer des pénalités ou des frais de parking.

Ainsi cette démarche qui aurait du être placée sous le signe de la transparence, se fait en grand secret en faveur des agents des douanes et leurs amis et des quelques initiés qui se trouvent là par hasard. Par cette attitude les douaniers, bafouent allègrement les droits des propriétaires des véhicules saisis.
Au lieu de faire appel à un commissaire priseur, qui est un agent assermenté de la justice, pour piloter cette opération de vente aux enchères publiques, les douaniers s’en occupent eux même, ce qui ajoute à la confusion et au mélange des genres.
Au Bureau des douanes du Port, ce sont des véhicules devenus des épaves à force de rester sous la brume permanentes et sous l’action corrosive de l’air marin. Quand au bureau de Douane ville, seules les voitures en très mauvais état ont été concernées par la vente. Ainsi c’est une vieille technique qui est mise en jeu. On annonce un prix si élevé qu’il rebute les éventuels acheteurs après on établi un PV de constations de vente infructueuse ce qui ouvre la voie à la vente de gré à gré et, là, on sait que les prix sont fixés à la tête du client.
On sait que grâce à la dernière campagne de recherche et d’immobilisation des véhicules non dédouanés, les douaniers ont pu mettre la main sur des centaines de voitures qui circulaient aussi bien à Nouakchott qu’à l’intérieur du pays sans s’être acquitté des droit de douane donc sans être immatriculés. Evidemment toutes ces voitures sont rentrées avec la complicité des douaniers à l’entrée Nord du Pays. C’est un secret de polichinelle de savoir que des passeurs bénéficiant de la bienveillante complicité de douaniers, se font payer 50 000 ouguiya pour vous faire entrer votre véhicule à Nouakchott sans rien payer de plus. Arrivé à Nouakchott, vous avez plusieurs moyens de circuler librement avec votre voiture. Soit vous achetez la carte grise d’un véhicule disparu et vous vous faites modifier le numéro du châssis par un professionnel dont le travail impeccable ne peut même pas être décelé par les douaniers. Soit vous avez un ami qui a le même véhicule et qui vous permet de porter le même numéro de plaque minéralogique celui de sa voiture. Éventuellement il pourrait vous faire un duplicata de sa propre carte grise. Soit vous mettez un numéro SG ou IF ce qui a l’avantage de vous apporter la tranquillité du coté des policiers aussi. Il faut dire que l’impunité totale qui caractérise les auteurs de ces actes pris en flagrant délit encourage d’autres à les commettre. Si vous êtes pris, tout ce que vous risquez c’est que l’on vous demande en vous donnant le temps de dédouaner votre véhicule.
Bouna Cherif