Chasse aux véhicules à vitres teintées : Le GGSR ne va-t-il pas vite en besogne ?
Un vent de panique s'est emparé des automobilistes à Nouakchott. En effet, depuis quelques jours les agents du GGSR sont en action contre les vitres teintées de voitures. Ainsi, tout véhicule dans ce cas de figure risque de se faire verbaliser par les agents de la circulation. En prime, la voiture peut être conduite à la fourrière.

Officiellement, les raisons qui sont à l'origine de cette campagne seraient d'ordre purement sécuritaire. C'est du moins les explications avancées par certains agents contactés. Allégations confirmées à la Direction générale du groupement par un responsable qui dit que ces véhicules à vitres teintées représentent un danger pour la sécurité publique. Et d'ajouter qu'il s'agit bien " d'une conduite illégale où le conducteur peut être victime d'un accident et même en causer. Tous les services de sécurité du groupement, et sans exception, ont reçu des instructions pour ce type de véhicules. A l'en croire, verres teintés et insécurité semblent aller de pair. Selon la Direction générale de la Sûreté nationale, une voiture aux vitres fumées et plaque falsifiée aurait dévié il y a peu un barrage de police, blessant mortellement un individu et occasionnant des dégâts matériaux importants. Ces malfaiteurs seraient toujours en fuite. Des exemples sont nombreux, dit-il.
L'opération est certainement louable, mais la démarche est un peu chevaleresque. Mieux, on pourrait même dire que le GGSR est allé vite en besogne. Et pour preuve : face à l'absence d'une campagne d'explication et de sensibilisation des automobilistes sur le bien-fondé de cette opération, c'est la stupeur chez les qui gagne le milieu de la circulation routière. " Ils auraient dû commencer par la sensibilisation d'abord en guise de prévention avant de se lancer dans une campagne d'immobilisation, de mise en fourrière et de verbalisation ", lance Ould Beyrouk, 48 ans révolus et fonctionnaire de son état conduisant son véhicule personnel aux vitres teintées ".
Abderrahmane, 31 ans, croisé hier matin à côté du CFPP n'est pas non plus content. Il a été arrêté en pleine circulation et conduit en fourrière sans explication. Et s'explique : " Je ne comprends pas cette façon de traiter les citoyens. Ce n'est qu'au lendemain de l'immobilisation de mon véhicule en fourrière, qu'on me signifiera que je suis en infraction pour utilisation de vitres teintées. Ils m'ont verbalisé pour un montant de 3000 ouguiyas. Quand je me suis rendu au trésor, là je me suis entendu dire qu'ils n'encaissent pas cet argent parce que ce n'est pas prévu par la réglementation.
En fait la paierie de Nouakchott n'a pas accepté de recevoir l'acquittement des amendes dressées par les brigades mobiles du groupement général de la sécurité routière, parce qu'elle n'aurait pas reçu d'instructions en ce sens en l'absence d'un cadre juridique adéquat. Mais au dernier l'obstacle a été levé et désormais l'argent est perçu au GGSR en attendant que des guichets soient ouverts au trésor public pour encaisser ces acquittements d'amende.
Toutefois, il est bon de le souligner, les instructions aurait dû commencer par informer le citoyen propriétaire d'une telle voiture, au moment du contrôle, de la gravité de la situation. Dans une seconde phase, la démarche devrait d'abord démarrer par des avertissements avant d'actionner le levier des amendes contre les contrevenants. A l'endroit des récalcitrants récidivistes sera appliquée la saisie de la voiture, avec une très forte amende. Reste qu'à notre connaissance, cette opération n'a aucune base juridique. Car à ce jour, aucune loi ni circulaire ne mentionnent l'interdiction des vitres teintées. Des discussions en ce sens entre les ministères concernés devraient être engagées pour aboutir à un projet de loi au niveau du code de la route. D'autant que le ministère de l'équipement et des transports ne peut cautionner une telle campagne d'interdiction des vitres teintées qui s'avère ne reposer sur aucune base juridique légale. En tout cas, aucune circulaire ni disposition spéciale pour ces vitres n'ont été élaborées au sein de ce département.
Moussa Diop