
Durant trois jours d’atelier, les participants ont parlé et débattu avec les conférenciers de la liberté syndicale, des normes internationales du travail et de la législation nationale notamment la convention collective et les insuffisances de la loi 017/2004 relative au code du travail. S’agissant du thème de la liberté syndicale, le conférencier a parlé de la source de légitimité de l’exercice du droit syndical en faisant l’historique de sa protection pour dire que la convention n° 87 offre tant aux employeurs qu'aux travailleurs un cadre légal d'une importance primordiale pour ces derniers et constitue un droit pour lequel les travailleurs ont lutté pendant bien des années. Pour mieux se faire comprendre des participants, il a retracé l'histoire de ces efforts, soulignant les grandes étapes des débats et de l'évolution institutionnelle, y compris la création de l'OIT, qui ont abouti à l'adoption de cet instrument majeur du droit international du travail. A ce titre, il a indiqué que l’OIT a été fondée en 1919 sous l’égide du Traité de Versailles, qui a mis fin à la première guerre mondiale, précisant au passage que la création de l’OIT s’inscrivait dans le droit fil de la réflexion selon laquelle, une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale. Il a parlé d’un certain nombre d’actions destinées à améliorer la situation des travailleurs, qui sont toujours d’actualité, notamment : le recrutement de la main-d'oeuvre, la lutte contre le chômage, la garantie d'un salaire assurant des conditions d'existence convenables ; la protection des travailleurs contre les maladies générales ou professionnelles et les accidents résultant du travail ; la protection des enfants, des adolescents et des femmes ; les pensions de vieillesse et d'invalidité, la défense des intérêts des travailleurs occupés à l'étranger ; l'affirmation du principe "à travail égal, salaire égal" ; l'affirmation du principe de la liberté syndicale ; l'organisation de l'enseignement professionnel et technique et autres mesures analogues.
Conventions pertinentes de l’OIT
Toujours, dans la foulée de cette conférence, il a dit que la Constitution de l’OIT a été élaborée entre janvier et avril 1919 par la Commission de la législation internationale du travail. Celle-ci, a-t-il poursuivi, avait été créée par la Conférence de la Paix, réunie d’abord à Paris, puis à Versailles, qui a donné naissance à une organisation tripartite, unique en son genre, dont les organes exécutifs sont composés de représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs. Il a été également évoqué la liberté d’association, la liberté syndicale et les huit conventions fondamentales sur lesquelles tous les progrès humains reposent. Ces huit conventions pertinentes peuvent être regroupées en quatre catégories distinctes : la première catégorie regroupe la Convention n° 29 sur le travail forcé (1930) et la Convention n° 105 sur l’abolition du travail forcé (1957). La deuxième regroupe la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (1948) et la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949). La troisième, la Convention n° 100 sur l’égalité de rémunération (1951) et la Convention n° 111 concernant la discrimination à l’emploi et à la profession (1958). Et la quatrième et dernière catégorie recoupe la Convention n° 138 sur l’âge minimum (1973) et la Convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants (1999). A noter que la déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail a été adoptée le 18 juin 1998 par la Conférence internationale du Travail, organe plénier de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Par son adoption, les États membres de l’OIT ont l’obligation de respecter, promouvoir et réaliser, du seul fait de leur appartenance à l’Organisation et en l’absence de ratification des conventions pertinentes, les principes concernant les droits fondamentaux suivant : la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective ; l’élimination du travail forcé ou obligatoire, du travail des enfants, ainsi que de la discrimination en matière d’emploi et de profession.
Il faut dire que chez nous, les syndicats ont du pain sur la planche avec le dialogue qui peine à s’instaurer entre les partenaires sociaux alors qu’il a pour vocation de prévenir un quelconque trouble à la paix sociale. Normalement la tenue de concertations entre les différents partenaires sociaux devait avoir une longueur d'avance sur les agissements susceptibles de troubler cette paix, afin de prendre les mesures idoines qui s'imposent et de pallier rapidement aux manquements, sources de perturbations. C'est à ce niveau que le système de négociation usité par le gouvernement mauritanien pose problème.
Cet atelier s’est déroulé sous la supervision de Bâ Ali Moctar chef du département éducation formation en présence de Niang Mamoudou chargé des relations extérieures de la CGTM et Mme Bâ née Ndèye Khadi Diagne chef du département administration et finance et membre du Comité Exécutif de la CGTM.
Compte rendu, Moussa Diop





