Bilfinger Berger mr, des espoirs vite déçus.
Route de la Socogim plage, il est 12 heures passées ce mercredi 10 mars, quand nous arrivons au siège de la société Bilfinger Berger mr. Un poste de gardiennage trône à l’entrée du bâtiment.

Beaucoup de jeunes garçons et quelques jeunes filles sont là debout. Au vu de notre appareil photo, un employé s’adressant à son collègue lance : « pourquoi vous laissez les gens photographier le siège » ? Notre réponse ne tarde pas : « c’est la presse, le Quotidien de Nouakchott.» Nous expliquons l’objet de notre mission. L’assistance est heureuse de voir des journalistes sur les lieux. Nous prenons quelques photos du siège et des jeunes candidats à un job promis par la société aux Pays Bas (Hollande). Très vite nous sommes assaillis par une meute de jeunes qui nous posent des questions. « Les contrats sont-ils valables ? Et nos passeports va-t-on nous les rendre » ? Autant de questions auxquels nous ne pouvions répondre. Nous parvenons quand même à identifier un des jeunes qui avait déjà en main un contrat signé qu’il devait lire et approuver dans un délai de 24 heures. Il accepte de nous filer une photocopie et trois d’entre eux nous livrent leurs témoignages.

A.T, 19 ans est originaire de Bababé (Brakna) « C’est par le bouche-à-oreille que j’ai appris comme tout le monde que la société Bilfinger Berger mr recrutait des ouvriers spécialisés pour les amener travailler en Hollande. Etant un électricien bâtiment, j’ai déposé mon passeport en cours de validité, deux photos et le numéro de ma carte d’identité. C’est ce qui était demandé aux candidats. Malheureusement cela ne semble pas être du sérieux puisque on nous a dit que la police a arrêté le directeur. Soyez sûr d’une chose, si je trouve un autre avis de recrutement d’une quelconque société –qu’elle soit nationale ou internationale- je postulerais de nouveau ». A.T dit ne pas avoir le choix compte tenu de son chômage sans fin à Nouakchott. « J’ai un métier qui ne me fait pas vivre. Je vis dans un état de précarité avancé et continue de tirer le diable par la queue », dit-il.
Oumar, 26 ans, originaire également de Bababé dit avoir perdu la considération parentale parce qu’il n’est plus en mesure, depuis deux ans, d’aider la famille. « C’est dur à supporter », lance t-il amer pour expliquer pourquoi il a répondu à l’avis de recrutement de la société Belfinger Berger mr. « A l’image de mes autres camarades, j’ai entendu parler de l’avis de recrutement de la société et je suis parti déposer les documents demandés. Je suis carreleur de formation. Exercer ce métier à Nouakchott en ce moment ne rapporte rien. Surtout que tout est aléatoire dans ce métier. Des fois tu peux trouver du travail au mètre carré, des fois un chantier. Mais tu peux rester 1 ou deux mois sans trouver du travail. C’est vraiment difficile. Maintenant je sais qu’avec cette société on n’ira nulle part. La seule chose que je souhaite à présent c’est de récupérer mon passeport », dit-il. Moins loquace, ce jeune originaire de Sélibaby qui n’a pas voulu témoigner estimant que ses prédécesseurs ont tout dit. Agé de 24 ans, il a néanmoins indiqué qu’il a suivi un métier d’électricien auto. Formé en France par Caritas, il espérait aller travailler en Hollande mais que son espoir a été déçu.
Moussa Diop