Attaque de l’armée mauritanienne contre AQMI : Légitime défense, attaque préventive, guerre par procuration,
Légitime défense, guerre par procuration, s’allier au diable s’il le faut…Après l’attaque menée par l’armée mauritanienne le 22 juillet contre des éléments d’AQMI, les réactions de la classe politique ne sont pas allées dans le même sens…

Jeudi 22 juillet 2010, l’armée mauritanienne mène une attaque « préventive » contre des éléments d’AQMI au nord Mali. Bilan de l’opération selon Nouakchott : « sept morts du coté terroristes avec saisie d’armes.» Du coté de Paris, il est fait état d’une opération franco-mauritanienne visant la libération de Michel Germaneau, otage français aux mains d’AQMI.
La première réaction après cette incursion en territoire malien est venue de la coordination de l’Opposition démocratique (COD). Le 24 juillet, la coordination, dans une déclaration, a « exprimé sa grave inquiétude suite à ces événements qui ajoutent au climat d’insécurité sur les frontières et mettent en danger la vie de vaillants soldats et celle de paisibles populations. » L’opposition, soupçonneuse sur les réels motifs de l’opération, rappelle « que les forces armées nationales et de sécurité ne doivent être engagées dans de telles opérations que pour la défense du territoire national et, en aucun cas, sans en référer au Parlement.»
Après cette déclaration, Boidiel Ould Houmoid, président de al COD, précise la position de l’opposition. Boidiel, cité par Saharamedias, après avoir apporté son soutien à l’armée nationale dans sa mission de défense de l’intégrité territoriale, affirme que « « que la Mauritanie ne doit pas être la mieux indiquée pour exécuter une attaque pour la France alors que le Mali et le Niger sont les plus concernés par la question de l'otage français, Germaneau ».
Mohammed Ghoulam Ould Haj Cheikh, vice-président du rassemblement national pour la réforme et le développement (Tawassoul) abonde dans le même sens. Il a mis le gouvernement mauritanien en garde contre « une guerre par procuration.»
Quant à l’alliance populaire progressiste (APP), elle n’a aucun doute sur le mobile de l’attaque du 22 juillet. Dans un communiqué en date du 26 du même mois, le parti du president de l’assemblée nationale, membre de la COD, ecrit : « Le général Mohamed Ould Abdel Aziz vient de lancer à corps perdu, sans beaucoup de réflexion ni concertation préalable, des éléments de nos forces armées à l’intérieur du territoire malien encadrés par des officiers français pour sauver l’ingénieur français Michel Germeau enlevé à la frontière du Niger et du Mali et menacé de mort.»
L’AJD/MR, elle, ne semble pas aller dans le sens de la « guerre par procuration.» Dans sa déclaration, le parti de Sarr Ibrahima, a parlé « d’une réaction de légitime défense suite aux nombreuses attaques barbares perpétrées par ces groupes terroristes sur le territoire national mauritanien.» Bemol de l’AJD/MR « ce genre d’opérations, pour avoir une plus grande efficacité, doit faire l’objet d’une concertation et d’une coordination à l’échelle sous- régionale. »
Le MPR, parti de la majorité soutien du président de la République, n’a pas porté d’appréciation directe sur l’attaque du 22 juillet. Le Parti a attendu l’officialisation de la Mort de Michel germaneau pour transmettre ses condoléance et condamner un «acte indigne de notre civilisation et de notre histoire. »
Le MPR a « réitéré son soutien au gouvernement dans sa lutte contre le démantèlement des réseaux terroristes qui visent aussi des objectifs nationaux et lui recommande de coopérer avec l’ensemble des 28 pays de la zone pour venir à bout de ce phénomène. »
Du coté du MPR, parti au pouvoir, le soutien aux autorités est totale et sans nuances. « La Mauritanie est prête à s’allier au Mali, à la France, à l’Algérie et au diable pour combattre Al-Qaïda au Maghreb Islamique(AQMI)" a dit son président Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine.

Khalilou Diagana