Assassinat de Germaneau : Comment la France entend-elle «faire payer » les terroristes?
A tous les étages du gouvernement, les responsables français parlent d’un «crime qui ne restera pas impuni».Comment la France compte-t-elle prendre «sa revanche», sans heurter l’Algérie.


De Nicolas Sarkozy , président de la République, à François Fillon (premier Ministre), en passant par Bernard Kouchner(Affaires Étrangères) ou encore Hervé Morin (Défense), la France, profondément blessée par l’assassinat de l’otage, Michel Germaneau,78 ans, clame sa vengeance. Mais ce cri de guerre contre l’activisme de l’Aqmi, responsable de l’exécution de Michel Germaneau,, la France sait bien qu’elle ne peut le mener seule et surtout qu’il ne pourra se faire sans l’adhésion des pays concernés par la présence des groupes armés qui peuplent le triangle désertique entre la Mauritanie, l’Algérie et le Mali.

«La lutte contre le terrorisme vous concerne d’abord» (Kouchner)
Le Chef de la diplomatie française n’est pas allé par quatre chemins lundi à Nouakchott en déclarant que la guerre contre le terrorisme est d’abord une affaire des Etats concernés par la présence des groupes armés. Un message bien clair pour les pays limitrophes qui voient d’un mauvais œil la participation de la France à des opérations pour déloger les terroristes. La France qui dispose évidemment de moyens logistiques incomparables avec ceux de l’ensemble des pays de la sous-région regroupés, promet d’apporter son soutien pourvu que ces Etats (surtout l’Algérie) acceptent que soit mise en place une coordination internationale au-delà des pays du Sahel pour venir à bout de ce phénomène déstabilisateur pour toute la sous-région.
Cette déclaration, au lendemain de la mort de Germaneau, tombe alors que beaucoup de zones d’ombre entourent encore les circonstances de son exécution. Le ministre français des affaires étrangères en visite pour réaffirmer à la Mauritanie l’appui de son pays a aussi saisi l’occasion pour exhorter les citoyens français à plus de vigilance d’autant plus qu’il semble désormais acquis que la France ne paiera plus de rançon aux preneurs d’otages. Une activité qui fait vivre les terroristes et perpétuent indéfiniment ce fléau. Cette exigence d’interdiction de paiement de rançon intervient aussi après sa confirmation par le dernier sommet de l’Union Africaine, désormais opposée à de tels «marchandages». Kouchner a donc rappelé aux citoyens français présents en Mauritanie et plus généralement dans tout le Sahel d’éviter de se déplacer dans des zones censées à risque notamment à l’intérieur du Continent, ce qui pourrait, outre la déconvenue des activités de l’Aqmi, l’obliger à se montrer ou à commettre des erreurs qui lui seraient préjudiciables, à l’avenir.
Jedna DEIDA
jednadeida@yahoo.com